INRŌ signé Shokasai et Shibayama
Japon, période Edo (1603-1868) voire tout début Meiji (1868-1912)
XIXème siècle
Laque, cuivre, nacre et cordelette de soie
H. : 8,5 ; L. : 6,5 cm
(Très léger accident à l 'intérieur d'un compartiment)
Aussi appelée boîte à médecine, l'inrō est un accessoire de kimono dont les différents compartiments superposés permettaient de transporter de petits objets usuels - le kimono étant un vêtement dépourvu de poches.
Celui-ci est à quatre compartiments, en bois laqué kinji en shibayama. Cette technique décorative est appliquée, associant plusieurs matériaux différents. En effet, les parties du corps visibles des deux samouraïs en duel, figurés individuellement sur chacune des faces, sont en bas-relief, appliquées et rehaussées de pigments roses. Leur tenue sont finement ornées de grues pour l'un et de papillons pour l'autre. Les deux guerriers évoluent tous deux sous un ciel nuageux en takamakie doré. L'intérieur est ennashiji.
Sur le compartiment inférieur sont apposées les doubles signatures du laqueur Shokasai et de Shibayama, qui a réalisé tout le décor appliqué.
Chacun des compartiments dissimule deux percements latéraux internes où le lien de suspension en soie tressée est glissé. La perle ronde intermédiaire est appelée l'ojime. Le netsuke, de type kagamibuta, est de forme lenticulaire, scindés en deux comme constituant une petite boîte ronde. Il est orné d'un médaillon rond en cuivre recouvert de sentoku figurant Tengu, sa ceinture rehaussée à l'or et le visage tourné vers un petit oiseau en vol.
L’usage du netsuke renvoie à un emploi très particulier lors du port du kimono. En effet, et nous l'avons vu précédemment, ce vêtement traditionnel japonais, ne possède pas de poche, mais il n'a ni fermeture, ni patte de boutonnage, ni passant non plus. Ainsi, un large ruban de tissu fermant par nouage, appelé l’obi, servait de ceinture et maintenait le kimono fermé. C’est à l’obi que l'inrō, était suspendu et le netsuke, accroché à l’extrémité, et placé au-dessus du bord supérieur de la ceinture, bloquait l’objet. Il jouait ainsi le rôle de taquet ou contrepoids.
Bibliographie : Un exemplaire du même artiste est conservé au Métropolitain Museum à New-York et un autre Rijksmuseum à Amsterdam.
Texte et photos © FCP CORIDON
Ref.LP5436
Ref: EY3HNAWZ3F